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cinéma muet s’est peu développé au Mexique,
en raison notamment des turbulences de la révolution mexicaine
(1910-1920). Les quelques tentatives menées à bien
sont des courts métrages historiques et explicites, présentant
ce tragique conflit civil.
Vers les années
30, sous l’influence soviétique, triomphe le genre
révolutionnaire avec « Que viva Mexico » de Eisenstein
(1932), « Redes » de Fred Zinnemann, et « Vamonos
con Pancho Villa » de Fernando de Fuentes, tous deux accompagnés
de la musique du compositeur nationaliste Silvestre Revueltas
L’Age
d’Or du cinéma – les années 40 - voit
apparaître de grandes avancées techniques et une production
substantielle de films. Plusieurs de ces productions reçoivent
une reconnaissance à la fois artistique et populaire. L’un
des thèmes les plus souvent abordés est celui du métissage
de la population et de ses implications socio-économiques
et politiques. Le cinéma de cette époque contribue
plus largement à la diffusion de la culture populaire, et
devient le grand élément modernisateur de la nation
mexicaine. La célébrité des acteurs leur confère
une dimension mythique: Cantinflas (Mario Moreno) et Tin Tan (German
Valdez), deux acteurs comiques, initient une brillante carrière
qu’ils poursuivront jusqu’aux années 70, alors
que Maria Félix et Dolores del Rio incarnent beautés
charnelles et impériales, et triomphent aussi à Hollywood.
Parmi les réalisateurs les plus représentatifs de
cette période, Ismael Rodriguez met en scène les mélodrames
les plus délirants, Roberto Gavaldon illustre la thématique
de l’oppression et Alejandro Galindo se révèle
un grand chroniqueur urbain. Emilio Fernandez « El Indio »
présente un nationalisme émotif, Alberto Gout construit
ses mélodrames sur l’excès et Matilde Landeta
s’impose comme femme dans un milieu machiste. Le cinéaste
le plus remarquable de l’époque est l’espagnol
Luis Bunuel qui filme entre autres à Mexico « Los Olvidados
» (1950).
Le cinéma
mexicain de l’Age d’Or est largement financé
jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale par le
gouvernement nord américain, qui souhaite diffuser en Amérique
Latine la production cinématographique de son allié,
mais la volonté hégémonique d’Hollywood
prend le pas sur cette politique de coopération dès
la fin du conflit. L’Age d’Or du cinéma ne termine
cependant pas abruptement : plusieurs excellents films, tant au
plan technique qu’au plan scénario voient le jour pendant
les années 50. L’industrie cinématographique
mexicaine commence à décliner à la fin de la
décade, confrontée à la diffusion massive de
films étrangers (principalement américains) et à
la télévision. Malgré une diversification de
la production en couleurs, de plus grands écrans, de plus
gros budgets, de nouveaux genres ou la reprise de grands classiques,
le cinéma mexicain perd sa clientèle de classe moyenne
et doit produire des films destinés aux catégories
défavorisées.
En 1965, le
Concours de Cinéma Mexicain relance l’industrie, et
patronne des films comme « La formula secreta » de Ruben
Gamez et « En este Pueblo no hay ladrones » de Alberto
Isaac. Une décennie plus tard, apparaissent des cinéastes
à la solide formation technique, dont Arturo Ripstein («
El castillo de la pureza », « El lugar sin limites »)
qui fusionne violence physique et violence psychologique, Felipe
Cazals (Canoa), représentant le fanatisme religieux, la pauvreté
et l’ignorance.
Le gouvernement
devient le producteur et le distributeur de nombreux films et détient
la majorité des salles de cinéma pendant les années
70, et peut ainsi exercer une forte censure sur le contenu des films.
Production, distribution et diffusion reviennent au privé
vers le début des années 90, l’intervention
du gouvernement se limitant à des mesures protectionnistes.
Parmi les films marquants des années 70-80, « Rojo
amanecer » présente les évènements d’octobre
68 (son réalisateur, Jorge Fons, réalisera par la
suite le très sensible « Callejon de los milagros »),
« Reed, Mexico Independiente », (1971), la révolution
mexicaine et « Frida » (1985) , tous deux de Paul Leduc,
cinéaste expérimental.
Les générations
suivantes compensent le manque de moyens financiers par la richesse
de leur thématique, et par la recherche d’une esthétique
propre: apparaissent entre autres, Maria Novarro (« Danzon
», 1992), Fernando Sarinana (« Hasta morir »)
, Marisa Sistach, Alejandro Gonzalez Iñarritu (« Amores
perros », 2000 et « 21 gramos », 2002), Roberto
Rodriguez (« El mariachi », 1993), Alfonso Arau («
Como agua para chocolate », 1992, et « Zapata »,
2003)
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