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Culture et écriture méso-américaines

Voici une synthèse des visites du Musée d'Anthropologie, les salles Culture du Golfe, Mayas et Oaxaca, pour celles qui n’ont pas pu se joindre à nous, visite guidée par Carlos MacKinlay, Directeur de l'Institut de Promotion du Tourisme de la Ville de Mexico D.F.

La culture olmèque, mère des civilisations méso-américaines

Dans les salles concernant la côte du golfe du Mexique, c’est-à-dire essentiellement les régions de Veracruz, Tabasco et Campeche, nous avons vu les vestiges de la culture olmèque : en particulier, de nombreux masques représentant des personnes mortes ou des dieux ainsi que de superbes têtes colossales. Ce fut l’occasion pour notre guide Carlos MacKinlay de nous rappeler que les Olmèques sont à l’origine de toutes les cultures méso-américaines.

Ainsi, ce sont les Olmèques qui ont commencé à construire des temples orientés du nord au sud et d’est en ouest, à les détruire puis à les reconstruire tous les 52 ans. Même s’ils n’avaient pas encore de prêtres mais plutôt des chamans ou des sorciers, les Olmèques avaient déjà des divinités liées à des phénomènes naturels (vent, feu, soleil, pluie,…). C’est aussi de l’époque olmèque que date le début de la pratique de l’auto-sacrifice et du sacrifice humain ainsi que celle de la déformation du crâne qui sera ensuite très prisée par les Mayas. En effet, dès le plus jeune âge, les enfants portaient une planchette de bois sur le front et avaient la tête serrée dans un linge pour que leur crâne se déforme et s’allonge au fur et à mesure de leur croissance. Ce sont également les Olmèques qui ont développé une bonne connaissance du calendrier, de l’observation astronomique et du calcul. Les Mayas ont ensuite repris leur système de calcul basé sur les vingtaines (0, 20, 400, 8000,…) où un point représente une unité et une barre représente cinq unités.



C’est aux Olmèques enfin que l’on doit la pratique du jeu de balle, jeu dans lequel deux équipes de sept personnes devaient faire passer une balle en caoutchouc de 3 à 5 kg dans un petit anneau en tapant dans la balle avec la tête, les épaules, les coudes, les hanches ou les genoux.
Peu à peu, les Olmèques ont migré et ont amené leurs connaissances à d’autres peuples, notamment dans la région de Oaxaca et du Yucatan.


Extension de la culture olmèque à Oaxaca et aux Mayas

Les principaux vestiges de la culture de Oaxaca se trouvent à Monte Alban et à Mitla et concernent plusieurs cultures dont celles des Mixtèques et des Zapotèques. Les salles Oaxaca du musée montrent donc une forte diversité culturelle et présentent des collections de masques, de bijoux en or, une tombe et des parchemins.
Quant à la civilisation maya, elle s’étendait sur environ 300 000 km² et ses plus importants vestiges se trouvent à Palenque, Chichen Itza, Bonampak, Uxmal et Yaxchilan (Mexique), Tikal (Guatémala) et Copan (Honduras).
La civilisation maya a été une des civilisations les plus importantes de la Méso-Amérique même si on la connaît mal car, contrairement à la civilisation aztèque qui était en plein essor lorsque les Espagnols sont arrivés, la civilisation maya s’éteignait déjà.
Dans les salles mayas, nous avons pu voir entre autres une maquette montrant la structure sociale de la société maya, la tombe du gouverneur Pakal ainsi que des parchemins sur lesquels figure l’écriture maya, une des plus sophistiquée du monde. En effet, s’ils ont pris l’idée de l’écriture glyphique aux Olmèques, les Mayas ont ensuite développé leur propre système.

Le déchiffrage de l’écriture maya, un vrai jeu de piste

Etant complexe, l’écriture maya n’était lue que par les prêtres et les nobles et fut utilisée durant la période classique des Mayas (250 à 900 après Jésus-Christ). Cette période fut suivie par une période de décadence (900 à 1200 après JC) au cours de laquelle la culture maya se perdit. C’est ainsi que, lors de la conquête des Mayas en 1540, les Espagnols s’aperçurent que ces derniers ne savaient plus lire les écrits de leurs ancêtres.
Les images et symboles utilisés dans l’écriture maya sont appelés des glyphes. Ces glyphes figurent sur de la pierre, du bois, du jade, de la céramique et sur des parchemins appelés Codex. Aujourd’hui, il ne reste que 3 Codex entiers et une partie d’un quatrième : les Codex de Dresde, de Madrid, de Paris et Grolier. La plupart des autres furent détruits dès le milieu du seizième siècle par Diego de Landa, premier évêque du Yucatan, qui fit brûler pour hérésie tous les livres mayas qu’il put trouver. Quelques années plus tard cependant, D. de Landa écrivit un livre sur le mode de vie des premiers Mayas (El relato de las cosas de Yucatan). Dans ce livre, il consacrait un chapitre à l’écriture maya dans lequel il mettait en parallèle l’alphabet espagnol et les glyphes mayas ayant le même son, créant ainsi l’alphabet de Landa. Malheureusement, peu de temps après, ce livre se perdit et il fallut attendre le dix-neuvième siècle pour que l’on se penche de nouveau sur l’écriture maya. L’historien américain Stevens et le dessinateur anglais Catherwood étudièrent les bas-reliefs de Palenque. Ils ne purent lire que les chiffres et les calendriers mais relancèrent l’intérêt pour le déchiffrage de l’écriture maya.
Lors de la deuxième guerre mondiale, Yuri Valentinovich Knorosov qui se battait à Berlin emporta quelques livres anciens avant de rentrer en Russie. Parmi eux, se trouvait un livre sur celui de Diego de Landa. Dix ans plus tard, Knorosov écrivit un article qui nuançait les propos de D. de Landa en indiquant que l’écriture maya n’était que partiellement phonétique.
C’est finalement l’Américaine Linda Shele qui, après étude des 800 glyphes du Templo de las Inscripciones à Palenque, parvint à déchiffrer 80% de l’écriture maya à la fin des années 1970.
C’est ainsi que l’on sait désormais que chaque glyphe correspond à une voyelle, à une syllabe ou à un mot entier (un tel glyphe est alors appelé logogramme). Les Mayas combinaient les glyphes en groupes qui avaient des formes carrées ou ovales. On connaît aujourd’hui 800 glyphes mayas : 150 syllabogrammes représentant des voyelles ou des syllabes, 550 logogrammes et 100 glyphes représentant des noms propres.

Pour en savoir plus

  • le site de la Bibliothèque Nationale de France sur l'écriture maya
  • un excellent Guide pour enfants (en anglais, format pdf) sur l'exposition Courtly Art of the Ancient Maya au NGA de Washington DC (USA) du 4 avril au 25 juillet 2004

 

 

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