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¡ Aie Tequila ¡

Avec l’arrivée de la cuisine tex-mex en Europe et les efforts marketing pour améliorer son image, la tequila, pourtant peu prisée il y a vingt ans, a pris un nouvel essor. Aujourd’hui connue internationalement pour son goût si particulier et les fameux cocktails qui en découlent, la tequila est la boisson alcoolisée mexicaine par excellence. Mais que savons-nous de ce breuvage ?

La fabrication :

La tequila est faite à partir de l’agave bleue, une plante qui ne pousse que dans une région précise de Mexico : dans l’Etat de Jalisco et dans certaines parties du Michoàcan, du Guanajuato, du Nayarit et du Tamaulipas.
Au départ, le coeur de l’agave ne dépasse pas la taille d’un oignon. Mais au moment de la récolte, qui se fait au bout des 8 à 12 ans de mûrissement de la plante, ce coeur a atteint un poids de 30 à 60 kg (voire 150 !) et la forme d’un ananas géant d’où son nom de piña. Coupés en 2 ou 4 morceaux, les piñas sont chargés dans un grand four à vapeur dans lequel ils cuisent à 55 degrés durant 24 à 72 heures, puis refroidissent un jour entier.

Une fois cuits, les piñas sont passés avec de l’eau dans un pressoir pour en extraire le sucre des fibres. Le jus sirupeux obtenu est appelé aguamiel. Puis vient la fermentation qui se fait grâce à l’action de levures et de catalyseurs pendant 40 à 80 heures dans de grandes citernes. Enfin l’ultime étape de la distillation, que la loi mexicaine oblige à faire en 2 fois et au bout de laquelle la tequila est dite 100% agave pur.

La légende :

On raconte qu’à l’époque des Aztèques, un jour la foudre tomba sur un champ d’agaves. L’éclair foudroya une des plantes et la chaleur qui s’en dégagea fut si forte qu’il lui brûla le coeur, le cuisant et le fermentant ainsi de façon naturelle. Les Indiens très étonnés remarquèrent qu’une substance très parfumée suintait à l’extérieur et avec quelques craintes, certains burent le nectar semblant venir du ciel. Ils nommèrent d’abord vino mezcal ce breuvage mystérieux de source divine.

Les catégories :

La tequila blanco ou plata est une tequila jeune, brute (ne contient ni colorant, ni arôme ajouté mais éventuellement du sucre), translucide, au goût âpre et de qualité ordinaire. Elle est utilisée pour les cocktails courants. La tequila joven ou oro est également jeune mais a été colorée et aromatisée, d’ordinaire avec du caramel.
La tequila reposado a vieilli en fûts de chêne au minimum 2 mois, ce qui lui donne une couleur légèrement ambrée (du caramel peut y avoir été ajouté) et rend son goût plus vanillé et épicé donc plus doux. La tequila añejo a vieilli un an minimum en fûts de chêne scellés par le Gouvernement. Ce délai plus important permet de faire resortir l’équilibre délicat entre l’essence d’agave bleu et l’arôme du bois.

Les façons de boire :

A la commande, bien dire « un » tequila. Le caballito (petit verre à tequila) servi, se mettre un peu de sel sur le dessus de la main gauche, puis en trois gestes successifs et rapides, lécher le sel, boire une bonne rassade de tequila et mordre dans une tranche de citron vert.
Une autre façon est de l’accompagner d’un verre de sangrita, mélange très relevé constitué de jus de tomate, d’orange et de citron vert, ainsi que de sel et de sauce chili.
Cela dit, on peut aussi la consommer pure ou mélangée à un soda.

Le saviez-vous ?

  • On l’appelle à tort en français « la » tequila, affublant ainsi cet alcool éminement viril d’un genre féminin, ce qui fait toujours sourire les Mexicains.
  • Le mot tequila viendrait du mot nahuatl « tequiatl » qui signifie « El que bebe muchas veces»... D’autres prétendent qu’il provient des conquistadores découvrant que l’agave poussait sur une petite montagne à la forme d’une poitrine féminine, laquelle a été baptisée tetilla (mamelle en français), progressivement transformée en tequila.
  • Jadis les populations indigènes utilisaient l’agave bleu pour se nourrir, fabriquer des vêtements et du papier. Mais la plante servait aussi d’instrument de torture : les longues extrêmités pointues de ses feuilles étaient enfoncées dans la chair des suppliciés et les dévôts se transperçaient eux-mêmes en hommage aux dieux.
  • Ce sont les conquistadores qui, en apportant l’art de la distillation au pulque des Indiens, ont permis à la tequila d’exister.
  • La culture de l’agave bleu n’a guère changé depuis des centaines d’années : la plantation et la récolte continuent d’être faites à la main et les gros coeurs pesants sont encore transportés à dos de mulets.

Retrouvez les appréciations sur 10 tequilas reposados et añejos dans la Rêvista du mois de mai 2006 page 28-29.

Visite au pays de la Tequila

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