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El Hombre de Maíz

Le maïs, en espagnol maíz ou centli en nahuatl, est une des plantes les plus importantes du Mexique. Alors qu’il reste encore en Europe principalement destiné aux animaux et ne trouve que timidement sa place sur nos tables, le mais représente la nourriture de base du mexicain. Il n’y a pas de véritable repas mexicain sans maïs. Le Musée National des Cultures Populaires recense quelques 600 recettes à base de mais. Il sert non seulement à confectionner les tortillas quotidiennes mais entre aussi dans la composition de nombreuses soupes, desserts et boissons telles que l’atole.
Mais cette plante merveilleuse n’est pas uniquement destinée au domaine alimentaire. Tout est mis à profit. La tige, les feuilles et les racines sont utilisées comme alimentation animale ou comme engrais. Les feuilles servent à emballer les tamales, à rouler des cigarettes ou encore à fabriquer des poupées et parfois même des crèches de Noël. Enfin, l’épi, une fois égrené, devient combustible dans les campagnes.

La culture du maïs par les peuples de Méso-Amérique commence il y a environ 7000 ans. Il s’agissait alors de la mutation d’une herbe sauvage, zea mays, alors haute de seulement quelques centimètres. On a trouvé dans la vallée de Tehuacán ( Puebla) des restes d’épis, feuilles et grains de maïs fossilisés, datant d’env. 5000 avant J.C. La domestication du maïs a permis la sédentarisation des populations nomades vivant alors de chasse et de cueillette et marque le début de toutes les civilisations de Méso-Amérique.

Selon les Mayas, le maïs est un cadeau des dieux. A l’origine il n’y a que le silence et les ténèbres. Ce sont les dieux créateurs, parmi eux Kukulcan, le cœur du ciel, l’équivalent de Quetzalcóatl, le serpent à plumes, qui ont crée l’homme après plusieurs essais. D’abord, ils utilisèrent de la terre mais ils se rendirent compte que leur création se défaisait, ne pouvait ni parler ni se reproduire. Ils fabriquèrent alors des poupées de bois qui ressemblaient à l’homme mais bien que celles-ci puissent se reproduire, elles n’avaient ni âme, ni intelligence ni souvenir de leurs créateurs. L’essai définitif se conclut par la création des Hommes de Mais. Ceux-ci étaient bons, intelligents, beaux et dotés de la faculté de voir, parler et attraper des choses.
Pour les mayas, le développement de l’homme s’identifie au culte de leur principale source d’alimentation, le maïs
. Il est écrit dans le Popol Vuh, véritable bible des mayas quiché : Avec du mais blanc et jaune, ils firent sa chair et ils prirent de la pâte de mais pour lui donner des bras et des jambes. Seul de la pâte de mais entra dans la composition de nos pères.

Pour les aztèques, ou plus exactement les mexica, le maïs était également la nourriture de base et ainsi un des piliers de leur culture. Il était considéré comme une plante sacrée, un don des dieux. De nombreuses divinités lui sont consacrées, ainsi Centeotl, le dieu maïs aussi connu sous le nom de Centeocihuatl, la déesse du mais,et Xilonen, la déesse du jeune maïs ou encore Xipe-tótec, le dieu des semences, du printemps et de l’agriculture. Renverser des grains de maïs et les laisser par terre était considéré comme une offense aux dieux.

De grandes fêtes étaient célébrées à Tenochtitlan ainsi que dans tous les villages du pays en l´honneur de Centeocihuatl, version féminine de Centeotl, déesse du maïs tendre, de la terre féconde, productrice d’aliments et déesse des semences. Cinq temples lui étaient dédiés à Tenochtitlan, mais c’est surtout chez les Totonaques que son culte était le plus important car elle était la principale divinité.

Aujourd’hui encore, le maïs reste une plante dieu dans de nombreux villages et régions rurales du Mexique. Des cérémonies sont préparées en son honneur, officiées par le ueuetlákatl ou spécialiste traditionnel invité par les habitants de la maison à prier devant l’épi de maïs tendre, l’elote. Les paysans de la région huastèque de Veracruz pensent que le jeune maïs est un être vivant qu’on ne doit pas jeter ou gaspiller, qui pleure comme les enfants si on le maltraite et qu’il faut l’alimenter au moyen d’un rituel avant de commencer la récolte. Lors de cette cérémonie, la famille et ses invités participent à un banquet offert au jeune épi sacré car si le rituel n’était pas accompli, la prochaine récolte pourrait être mauvaise.

La maison est purifiée, une poule et un poulet sont sacrifíés devant l’autel familial avant d’être cuits par les femmes pendant que les hommes confectionnent des colliers de fleurs qui décoreront les épis sacrés, tendres et mûrs.Un épi de maïs de la récolte précédente, Tenansintli Chikomexóchitl, est habillé et décoré de fleurs pour recevoir le jeune épi, Chikomexóchitl, apporté du champs par des enfants et qui sera également habillé et orné de fleurs avant d’être encensé par le maître de cérémonie.Puis on leur donne à boire et à manger, on apporte le ragoût de poule, des gâteaux, de la bière et de l’aguardiente au son de la musique des huapangueros. La signification de Chikomexóchitl, s’est perdue dans les temps mais il ne fait aucun doute qu’elle est liée au symbolisme et à la religion. Le suffixe xóchitl est lié au sacré et divin.

Dans le continent américain, tout ce qui a rapport au maïs a eu et a toujours une forte connotation religieuse. Et c’est pour cela que ses peuples anciens et actuels sont le peuple du maïs.


 

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