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ATTENTION AUX PETITES BÊTES !!! 

Le Mexique fait partie de la douzaine de pays tropicaux où sont concentrés les 2/3 des espèces animales de la planète. Mais certaines rencontres sont à éviter…Comment se protéger? Que faire en cas de morsures de chiens, de serpents ou d'araignées? Comment réagir en cas de piqûres de moustiques, de scorpions, de guêpes ou d'abeilles?

1. Règles générales de protection contre les piqûres et les morsures

Moustiques

- Eviter de se promener à la tombée de la nuit
- Porter des vêtement qui protègent tout le corps, y compris les bras et les jambes
- Eviter les vêtements de couleur vive ou foncée
- Enduire de répulsif les parties du corps qui ne sont pas couvertes par les vêtements ou se " parfumer " à la citronnelle
- Enduire les vêtements d'insecticides
- Eloigner les moustiques à l'aide de bombes insecticides, spirales anti-moustiques, diffuseurs électriques…
- Dormir sous une moustiquaire

Scorpions, serpents, araignées

- Secouer ses vêtements et ses chaussures avant de les mettre
- Ne pas marcher pieds nus et porter des chaussures montantes
- Faire du bruit en marchant, regarder où l'on marche et où l'on s'assoit
- Eviter de surprendre ou de déranger les animaux venimeux car ils se sentent attaqués et deviennent plus dangereux
- Eviter de marcher dans des endroits broussailleux ou à végétation épaisse
- Ne pas déplacer ou soulever des pierres
- Ne jamais introduire les mains nues dans les crevasses de rocher, les vieilles souches ou autres orifices borgnes.
- La nuit, se munir d'une torche et ne marcher que sur des sentiers dégagés

2. Les morsures

  Les chiens

Il ne faut jamais caresser les animaux rencontrés ni leur donner à manger en raison du risque de morsure et de transmission de maladies telle que la rage par exemple. Cette maladie peut également être transmise par les chats et les singes. La vaccination peut s'avérer utile lorsque l'on voyage dans les pays tropicaux.

Ce qu'il faut faire en cas de morsure :
- Nettoyer au savon et désinfecter la plaie.
- Vérifier la prévention antitétanique et consulter un médecin.

  Les serpents

Il n'y a pas de serpents à Mexico, mais on peut rencontrer des crotales et des serpents corail dans le reste du pays.

Les crotales sont responsables du syndrome vipérin : réaction locale avec œdème et syndrome hémorragique. La douleur et l'œdème se développent dans les minutes qui suivent la morsure. L'œdème peut évoluer vers une nécrose humide ou une gangrène gazeuse. Le syndrome hémorragique peut durer 8 à 10 jours et conduire au décès dans un tableau de choc hémorragique ou d'hémorragie cérébro-méningée. Le traitement consiste à l'injection d'une sérum thérapie ou immunothérapie antivenimeuse et un traitement symptomatique.

Les serpents corail sont responsables du syndrome cobraïque : il y a d'abord apparition de paresthésies locorégionales (fourmillements, picotements, anesthésie). Celles-ci peuvent conduire à une paralysie respiratoire entraînant le décès en 2 à 10 heures. Le traitement consiste à l'injection d'une sérum thérapie ou immunothérapie antivenimeuse et une assistance respiratoire.

Ce qu'il faut faire en cas de morsure :
- Rester calme, rassurer la victime et l'allonger car l'agitation accélère la diffusion du venin.
- Immobiliser le membre atteint avec une attelle, nettoyer et désinfecter la plaie, puis mettre une bande de crêpe pas trop serrée entre la racine du membre et la région mordue, mais surtout pas de garrot.
- Retirer les garrots naturels : alliance, bagues, bracelets, chaussures, chaussettes…
- Ne jamais inciser ou cautériser la plaie,
- Ne jamais aspirer le venin avec la bouche ou avec une pompe car il y a risque d'infection ou d'hémorragie
- Ne pas donner de l'alcool ou du café
- Se rendre le plus rapidement possible dans le centre hospitalier le plus proche afin d'administrer un sérum antivenin.

N.B. : En France, la pompe Aspivenin peut être utilisée en cas de morsure de vipère, mais son efficacité n'a pas été prouvée car l'injection du venin est hypodermique. En revanche, elle ne doit pas être utilisée en cas de morsure de serpents tropicaux en raison du risque hémorragique très important.

  Les araignées

Et oui, les araignées ne piquent pas, mais elles mordent ! Il existe 30 000 espèces d'araignées dans le monde. Elles sont toutes venimeuses car le venin sert à paralyser et pré digérer leurs proies. L'effet du venin est variable selon les êtres vivants, mais la plupart des morsures sont sans gravité chez l'être humain. Au Mexique, les espèces à redouter sont les Veuves Noires appartenant au genre des latrodectes et les Araignées Violon appartenant au genre des loxoscèles.

Les Veuves Noires tissent leur toile à même le sol dans les terriers de rongeurs, les nids désaffectés d'oiseaux, les endroits sombres de hangar, garage, remise…. Seule la femelle est dangereuse : on l'identifie par 2 taches rouges à la face dorsale de l'abdomen. La morsure est peu douloureuse, mais quelques dizaines de minutes plus tard apparaissent des myalgies très intenses (hyperalgie lombaire, abdominale et faciale), une éruption érythémateuse et des troubles neurovégétatifs (modification de la tension artérielle et de la température). Il existe un anti-venin spécifique et le traitement symptomatique comporte des myorelaxants et du gluconate de calcium.

Les Araignées Violon vivent soit cachées dans des fourreaux de soie accrochés aux rochers, soit dans les sous-bois ou recoins d'habitations abandonnées. Leur morsure est peu douloureuse. Quelques heures plus tard apparaît une lésion nécrotique extensive, évoluant lentement et cicatrisant mal. Le traitement est symptomatique.

Ce qu'il faut faire en cas de morsure :
- Désinfecter la plaie
- Mettre une vessie de glace sur le point de morsure
- Donner un antalgique (paracétamol).
- Se rendre dans le centre hospitalier le plus proche si des contractions musculaires ou lésions importantes apparaissent.

 

3. Les piqûres

  Les moustiques

Les moustiques sont des insectes porteurs de venin, qu'ils injectent grâce à leur trompe. Ce venin provoque une douleur à l'endroit de la piqûre et des démangeaisons. Selon les régions, les piqûres de moustiques peuvent causer de simples désagréments ou entraîner des maladies graves telles que le Paludisme (Campeche, Chiapas, Guerrero, Michoacan, Nayarit, Oaxaca, Quintana Roo, Sinaloa, Tabasco et Yucatan) ou la Dengue (Michoacan , Oaxaca, Quintana Roo, Tabasco).

Le paludisme :

L'anophèle femelle, lorsqu'elle pique, peut transmettre à l'homme un parasite appelé Plasmodium responsable du Paludisme (appelé aussi malaria). Le paludisme tue un enfant toutes les 30 secondes en Afrique et entre 1 et 3 millions de personnes par an, selon les estimations de l'OMS. Deux milliards d'individus, soit 40% de la population mondiale, sont exposés et on estime à 300 millions le nombre de cas cliniques survenant chaque année. Les moyens de lutte existants sont les médicaments antipaludéens (dont les plus connus sont la chloroquine ou la quinine) et la lutte contre les moustiques vecteurs du parasite Plasmodium. Mais la situation est d'autant plus préoccupante que depuis plusieurs années, les parasites développent de plus en plus de résistances aux médicaments, et que les moustiques développent des résistances aux insecticides. Aucun vaccin n'est aujourd'hui disponible.

Le cycle des Plasmodium est complexe et comporte deux étapes essentielles : un cycle asexué chez l'homme, et un cycle sexué chez le moustique. L'anophèle femelle injecte à l'homme le parasite sous forme de "sporozoïte". Celui-ci migre rapidement, via la circulation sanguine, vers le foie. Il pénètre dans la cellule hépatique, où il se divise très activement pour donner naissance, en quelques jours, à des dizaines de milliers de nouveaux parasites : les "mérozoïtes". La cellule du foie éclate en libérant ces parasites dans le sang: là, ils pénètrent à l'intérieur des globules rouges et se multiplient. Lorsque ces derniers éclatent à leur tour, les mérozoïtes libérés dans la circulation sanguine infectent de nouveaux globules rouges.
En parallèle, des parasites sexués mâles et femelles (gamétocytes) se forment dans le sang de l'homme infecté. Lorsqu'un moustique pique une personne infectée, il ingère ces gamétocytes, qui se transforment en gamètes. Leur fécondation engendre un oeuf, qui se différencie en sporozoïte dans le tube digestif puis migre vers les glandes salivaires du moustique. Un nouveau cycle peut alors commencer.

Les manifestations cliniques du paludisme sont très diverses. Le paludisme débute par une fièvre 8 à 30 jours après l'infection, qui peut s'accompagner - ou non - de maux de tête, de douleurs musculaires, d'un affaiblissement, de vomissements, de diarrhées, de toux. Des cycles typiques alternant fièvre, tremblements avec sueurs froides et transpiration intense, peuvent alors survenir : c'est " l'accès palustre". La périodicité de ces cycles dépend de l'espèce de parasite en cause, et coïncide avec la multiplication des parasites et l'éclatement des globules rouges, qui conduit également à l'anémie. Le paludisme à P. falciparum peut être exempt de ces accès, et peut être fatal s'il n'est pas traité. Dans certains cas, les globules rouges infectés peuvent bloquer les vaisseaux sanguins irriguant le cerveau : c'est le neuropaludisme, souvent mortel.

Plusieurs molécules anti-paludiques qui peuvent être utilisés en prophylaxie (prévention lors d'un voyage en zone endémique) ou en thérapeutique. Les plus connus sont la chloroquine ou la quinine. D'autres, comme la méfloquine, sont utilisées dans les régions où vivent des parasites résistants à la chloroquine. Mais les médicaments anti-paludéens ne garantissent pas une protection absolue contre l'infection et il est aussi important de se protéger des piqûres de moustiques (moustiquaires, produits anti-moustiques).

Aucun moyen préventif n'assure à lui seul une protection totale et, même si un traitement adapté a été bien pris, il est possible de faire une crise de paludisme, parfois d'apparition tardive. Les premiers symptômes sont souvent peu alarmants mais le paludisme peut être mortel si son traitement est retardé. Aussi, en cas de fièvre même légère, de nausées, de maux de tête, de courbatures ou de fatigue au cours du séjour ou dans les mois qui suivent le retour, un médecin doit être consulté en urgence. La prise d'un échantillon de sang est nécessaire pour confirmer le diagnostic. Toute fièvre au retour des tropiques doit être considérée a priori comme un paludisme jusqu'à preuve du contraire.

La dengue :

La dengue est une maladie extrêmement répandue. Elle est habituellement bénigne mais ses complications, la dengue hémorragique et la dengue avec syndrome de choc sont redoutables.

Le virus de la dengue est transmis à l'homme par des moustiques et en particulier par la femelle de la famille des Aedes aegypti, une espèce bien adaptée à la vie urbaine surtout en milieu tropical. Autre particularité, contrairement à la plupart des vecteurs du paludisme, ce moustique se nourrit de préférence sur son hôte humain au cours de la journée. Il pénètre souvent dans les habitations pour s'y reposer et s'y nourrir, et se reproduit dans les collections d'eau ou les réservoirs situés à proximité des habitations. Il ne survit pas à plus de 1200 m d'altitude, on ne le rencontre donc pas dans le D.F.

La période d'incubation du virus de la dengue dure de 48 heures à 7 jours en moyenne rarement plus mais pouvant atteindre 15 jours. Après cette période d'incubation, des symptômes rappelant ceux de la grippe apparaissent : fièvre intense (39-40°C voir plus) d'emblée élevée, asthénie et prostration décrivant un véritable malaise général, maux de tête sévères, frissons, douleurs musculaires intenses et articulaires, rougeurs débutant aux extrémités. Généralement bénigne, la dengue guérit le plus souvent spontanément en une semaine sans séquelle. Dans des circonstances particulières des formes graves voir fatales peuvent survenir.

Il n'existe pas actuellement de thérapeutique totalement efficace pour traiter les infections dues au virus de la dengue. Faire baisser la fièvre et réhydrater reste la seule conduite à tenir. De même, il n'existe aucun vaccin actif contre la dengue. Cette absence de tout traitement spécifique ou de vaccin rend la prophylaxie essentielle. La famille Aedes qui pique pour se nourrir, est surtout active le jour. Toute mesure réduisant l'exposition à ce type de moustiques durant la période où ils s'alimentent permet aussi de réduire le risque de dengue. Il s'agit notamment des mesures suivantes:
- demeurer dans des pièces complètement fermées et climatisées ou dont les ouvertures sont bien protégées par des moustiquaires.
- porter des pantalons et un haut à manches longues de couleur pâle.
- appliquer un insectifuge sur les parties découvertes.

Toute personne soupçonnée d'être infectée par la dengue, en particulier lorsqu'il peut s'agir d'une forme hémorragique, doit immédiatement consulter un médecin et doit s'abstenir de prendre de l'aspirine sous toutes ses formes (ou autres salicylés) à cause du risque important d'hémorragie ou de saignement gastrique (gastrite érosive ou ulcère). La fièvre élevée d'un épisode de dengue sera gérée par l'utilisation de paracétamol et des moyens de thermolyse habituels (déshabillage, douche tiède, ventilation corporelle...).


Ce qu'il faut faire en cas de piqûre
:
- Appliquer un antiseptique et une crème antiprurigineuse (Caladryl, Calmastick).
- Donner un antalgique (paracétamol).                                                                                                                               - - - Consulter un médecin rapidement si les symptômes suivants apparaissent : forte fièvre, maux de tête violents, perte d'appétit, éruption cutanée, vomissements ou diarrhées dans les 8 jours suivant la piqûre.

 

  Les scorpions

Il existe environ 1000 espèces de scorpions, mais seule une famille est dangereuse : celle des Buthidés, à laquelle appartiennent les Centroides présents au Mexique. Tous les scorpions sont venimeux. Le venin du scorpion a une action paralysante : il agit comme un poison pour le nerf.

La gravité de la piqûre dépend :
- de l'espèce en cause : Centroides Suffusus est le plus dangereux au Mexique,
- de la taille du scorpion : si la taille est inférieure à 2 cm, le venin est peu actif chez l'homme
- de la localisation de la piqûre : l'envenimation est plus grave si le venin passe directement dans le sang par une artère ou une veine
- de l'âge de la victime : la mortalité est particulièrement importante chez les enfants de moins de 6 ans et les personnes de plus de 70 ans

La piqûre est douloureuse mais non mortelle à Mexico. L'évolution se fait sur le mode du tout ou rien et généralement la guérison est sans séquelle. Passées les 24 premières heures, le risque mortel n'existe plus. Les signes qui apparaissent sont classés en 4 stades approximatifs qui renseignent sur la conduite à tenir :
- grade 0 : piqûre blanche
- grade 1 : manifestations locales isolées et simples : douleur, fourmillements, au point de piqûre
- grade 2 : manifestations cliniques générales ne mettant pas en jeu le pronostic vital : hypertension, hyperthermie, sueurs, frissons, troubles digestifs, manifestations neuromusculaires
- grade 3 : manifestations cliniques mettant en jeu le pronostic vital : défaillance circulatoire (état de choc), respiratoire (insuffisance respiratoire aiguë, œdème pulmonaire) et neurologique (convulsions, coma)

Le traitement est en général symptomatique (immobilisation, antalgiques, anti-œdémateux) pour les cas peu sévères (grades 0 et 1) mais nécessite une hospitalisation en soins intensifs pour les cas les plus graves (grades 2 et 3).

La meilleure protection est de ne pas les déranger !

Ce qu'il faut faire en cas de piqûre :
- Rester calme, immobiliser la région piquée et appliquer de la glace pour lutter contre la douleur et le gonflement.
- Ne jamais aspirer le venin avec la bouche.
- Se rendre dans le centre hospitalier le plus proche afin d'administrer un sérum si besoin.


  Les guêpes et les abeilles

Les piqûres sont généralement plus douloureuses que dangereuses sauf en cas de piqûre dans la gorge. Cependant, 2 types d'accidents peuvent survenir :

- le choc allergique immédiat ou choc anaphylactique : il est indépendant de la dose de venin injectée donc du nombre de piqûres reçues. La douleur est aiguë et les symptômes d'allergie apparaissent immédiatement : œdème du visage, des lèvres et de la zone piquée, cœur rapide, agitation ou prostration.

- le choc toxique : il intervient en cas de piqûres multiples (supérieur à 50). La douleur est prolongée et les symptômes apparaissent tardivement : troubles digestifs, myalgies, crises convulsives, hyperthermie, hypertension artérielle, insuffisance rénale aiguë.

Ce qu'il faut faire en cas de piqûre :
- Appliquer de la glace pour lutter contre la douleur et l'œdème ou une lotion apaisante (Caladryl, Calmastick).
- Donner un antalgique (paracétamol).
- Consulter un médecin rapidement en cas de piqûre à la gorge, de piqûres multiples ou si les symptômes d'allergie suivants apparaissent : œdème du visage, agitation.

 

Delphine Cullerier, Pharmacien

Sources : Institut Pasteur, Caducee.net, Distrimed.com, Ministère des Affaires Etrangères, Comité d'Informations Médicales

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