Les
serpents
Il n'y a pas
de serpents à Mexico, mais on peut rencontrer des crotales
et des serpents corail dans le reste du pays.
Les crotales
sont responsables du syndrome vipérin : réaction locale
avec dème et syndrome hémorragique. La douleur
et l'dème se développent dans les minutes qui
suivent la morsure. L'dème peut évoluer vers
une nécrose humide ou une gangrène gazeuse. Le syndrome
hémorragique peut durer 8 à 10 jours et conduire au
décès dans un tableau de choc hémorragique
ou d'hémorragie cérébro-méningée.
Le traitement consiste à l'injection d'une sérum thérapie
ou immunothérapie antivenimeuse et un traitement symptomatique.
Les serpents
corail sont responsables du syndrome cobraïque : il y a d'abord
apparition de paresthésies locorégionales (fourmillements,
picotements, anesthésie). Celles-ci peuvent conduire à
une paralysie respiratoire entraînant le décès
en 2 à 10 heures. Le traitement consiste à l'injection
d'une sérum thérapie ou immunothérapie antivenimeuse
et une assistance respiratoire.
Ce qu'il
faut faire en cas de morsure :
- Rester calme, rassurer la victime et l'allonger car l'agitation
accélère la diffusion du venin.
- Immobiliser le membre atteint avec une attelle, nettoyer et désinfecter
la plaie, puis mettre une bande de crêpe pas trop serrée
entre la racine du membre et la région mordue, mais surtout
pas de garrot.
- Retirer les garrots naturels : alliance, bagues, bracelets, chaussures,
chaussettes
- Ne jamais inciser ou cautériser la plaie,
- Ne jamais aspirer le venin avec la bouche ou avec une pompe car
il y a risque d'infection ou d'hémorragie
- Ne pas donner de l'alcool ou du café
- Se rendre le plus rapidement possible dans le centre hospitalier
le plus proche afin d'administrer un sérum antivenin.
N.B. : En France,
la pompe Aspivenin peut être utilisée en cas de morsure
de vipère, mais son efficacité n'a pas été
prouvée car l'injection du venin est hypodermique. En revanche,
elle ne doit pas être utilisée en cas de morsure de
serpents tropicaux en raison du risque hémorragique très
important.
Les
araignées
Et oui, les
araignées ne piquent pas, mais elles mordent ! Il existe
30 000 espèces d'araignées dans le monde. Elles sont
toutes venimeuses car le venin sert à paralyser et pré
digérer leurs proies. L'effet du venin est variable selon
les êtres vivants, mais la plupart des morsures sont sans
gravité chez l'être humain. Au Mexique, les espèces
à redouter sont les Veuves Noires appartenant au genre des
latrodectes et les Araignées Violon appartenant au genre
des loxoscèles.
Les Veuves
Noires tissent leur toile à même le sol dans
les terriers de rongeurs, les nids désaffectés d'oiseaux,
les endroits sombres de hangar, garage, remise
. Seule la femelle
est dangereuse : on l'identifie par 2 taches rouges à la
face dorsale de l'abdomen. La morsure est peu douloureuse, mais
quelques dizaines de minutes plus tard apparaissent des myalgies
très intenses (hyperalgie lombaire, abdominale et faciale),
une éruption érythémateuse et des troubles
neurovégétatifs (modification de la tension artérielle
et de la température). Il existe un anti-venin spécifique
et le traitement symptomatique comporte des myorelaxants et du gluconate
de calcium.
Les Araignées
Violon vivent soit cachées dans des fourreaux de
soie accrochés aux rochers, soit dans les sous-bois ou recoins
d'habitations abandonnées. Leur morsure est peu douloureuse.
Quelques heures plus tard apparaît une lésion nécrotique
extensive, évoluant lentement et cicatrisant mal. Le traitement
est symptomatique.
Ce qu'il
faut faire en cas de morsure :
- Désinfecter la plaie
- Mettre une vessie de glace sur le point de morsure
- Donner un antalgique (paracétamol).
- Se rendre dans le centre hospitalier le plus proche si des contractions
musculaires ou lésions importantes apparaissent.
3.
Les piqûres
Les moustiques
Les moustiques
sont des insectes porteurs de venin, qu'ils injectent grâce
à leur trompe. Ce venin provoque une douleur à l'endroit
de la piqûre et des démangeaisons. Selon les régions,
les piqûres de moustiques peuvent causer de simples désagréments
ou entraîner des maladies graves telles que le Paludisme (Campeche,
Chiapas, Guerrero, Michoacan, Nayarit, Oaxaca, Quintana Roo, Sinaloa,
Tabasco et Yucatan) ou la Dengue (Michoacan , Oaxaca, Quintana Roo,
Tabasco).
Le paludisme
:
L'anophèle
femelle, lorsqu'elle pique, peut transmettre à l'homme un
parasite appelé Plasmodium responsable du Paludisme (appelé
aussi malaria). Le paludisme tue un enfant toutes les 30 secondes
en Afrique et entre 1 et 3 millions de personnes par an, selon les
estimations de l'OMS. Deux milliards d'individus, soit 40% de la
population mondiale, sont exposés et on estime à 300
millions le nombre de cas cliniques survenant chaque année.
Les moyens de lutte existants sont les médicaments antipaludéens
(dont les plus connus sont la chloroquine ou la quinine) et la lutte
contre les moustiques vecteurs du parasite Plasmodium. Mais la situation
est d'autant plus préoccupante que depuis plusieurs années,
les parasites développent de plus en plus de résistances
aux médicaments, et que les moustiques développent
des résistances aux insecticides. Aucun vaccin n'est aujourd'hui
disponible.
Le cycle des
Plasmodium est complexe et comporte deux étapes essentielles
: un cycle asexué chez l'homme, et un cycle sexué
chez le moustique. L'anophèle femelle injecte à l'homme
le parasite sous forme de "sporozoïte". Celui-ci
migre rapidement, via la circulation sanguine, vers le foie. Il
pénètre dans la cellule hépatique, où
il se divise très activement pour donner naissance, en quelques
jours, à des dizaines de milliers de nouveaux parasites :
les "mérozoïtes". La cellule du foie éclate
en libérant ces parasites dans le sang: là, ils pénètrent
à l'intérieur des globules rouges et se multiplient.
Lorsque ces derniers éclatent à leur tour, les mérozoïtes
libérés dans la circulation sanguine infectent de
nouveaux globules rouges.
En parallèle, des parasites sexués mâles et
femelles (gamétocytes) se forment dans le sang de l'homme
infecté. Lorsqu'un moustique pique une personne infectée,
il ingère ces gamétocytes, qui se transforment en
gamètes. Leur fécondation engendre un oeuf, qui se
différencie en sporozoïte dans le tube digestif puis
migre vers les glandes salivaires du moustique. Un nouveau cycle
peut alors commencer.
Les manifestations
cliniques du paludisme sont très diverses. Le paludisme débute
par une fièvre 8 à 30 jours après l'infection,
qui peut s'accompagner - ou non - de maux de tête, de douleurs
musculaires, d'un affaiblissement, de vomissements, de diarrhées,
de toux. Des cycles typiques alternant fièvre, tremblements
avec sueurs froides et transpiration intense, peuvent alors survenir
: c'est " l'accès palustre". La périodicité
de ces cycles dépend de l'espèce de parasite en cause,
et coïncide avec la multiplication des parasites et l'éclatement
des globules rouges, qui conduit également à l'anémie.
Le paludisme à P. falciparum peut être exempt de ces
accès, et peut être fatal s'il n'est pas traité.
Dans certains cas, les globules rouges infectés peuvent bloquer
les vaisseaux sanguins irriguant le cerveau : c'est le neuropaludisme,
souvent mortel.
Plusieurs molécules
anti-paludiques qui peuvent être utilisés en prophylaxie
(prévention lors d'un voyage en zone endémique) ou
en thérapeutique. Les plus connus sont la chloroquine ou
la quinine. D'autres, comme la méfloquine, sont utilisées
dans les régions où vivent des parasites résistants
à la chloroquine. Mais les médicaments anti-paludéens
ne garantissent pas une protection absolue contre l'infection et
il est aussi important de se protéger des piqûres de
moustiques (moustiquaires, produits anti-moustiques).
Aucun moyen
préventif n'assure à lui seul une protection totale
et, même si un traitement adapté a été
bien pris, il est possible de faire une crise de paludisme, parfois
d'apparition tardive. Les premiers symptômes sont souvent
peu alarmants mais le paludisme peut être mortel si son traitement
est retardé. Aussi, en cas de fièvre même légère,
de nausées, de maux de tête, de courbatures ou de fatigue
au cours du séjour ou dans les mois qui suivent le retour,
un médecin doit être consulté en urgence. La
prise d'un échantillon de sang est nécessaire pour
confirmer le diagnostic. Toute fièvre au retour des tropiques
doit être considérée a priori comme un paludisme
jusqu'à preuve du contraire.
La dengue
:
La dengue est
une maladie extrêmement répandue. Elle est habituellement
bénigne mais ses complications, la dengue hémorragique
et la dengue avec syndrome de choc sont redoutables.
Le virus de
la dengue est transmis à l'homme par des moustiques et en
particulier par la femelle de la famille des Aedes aegypti, une
espèce bien adaptée à la vie urbaine surtout
en milieu tropical. Autre particularité, contrairement à
la plupart des vecteurs du paludisme, ce moustique se nourrit de
préférence sur son hôte humain au cours de la
journée. Il pénètre souvent dans les habitations
pour s'y reposer et s'y nourrir, et se reproduit dans les collections
d'eau ou les réservoirs situés à proximité
des habitations. Il ne survit pas à plus de 1200 m d'altitude,
on ne le rencontre donc pas dans le D.F.
La période
d'incubation du virus de la dengue dure de 48 heures à 7
jours en moyenne rarement plus mais pouvant atteindre 15 jours.
Après cette période d'incubation, des symptômes
rappelant ceux de la grippe apparaissent : fièvre intense
(39-40°C voir plus) d'emblée élevée, asthénie
et prostration décrivant un véritable malaise général,
maux de tête sévères, frissons, douleurs musculaires
intenses et articulaires, rougeurs débutant aux extrémités.
Généralement bénigne, la dengue guérit
le plus souvent spontanément en une semaine sans séquelle.
Dans des circonstances particulières des formes graves voir
fatales peuvent survenir.
Il n'existe
pas actuellement de thérapeutique totalement efficace pour
traiter les infections dues au virus de la dengue. Faire baisser
la fièvre et réhydrater reste la seule conduite à
tenir. De même, il n'existe aucun vaccin actif contre la dengue.
Cette absence de tout traitement spécifique ou de vaccin
rend la prophylaxie essentielle. La famille Aedes qui pique pour
se nourrir, est surtout active le jour. Toute mesure réduisant
l'exposition à ce type de moustiques durant la période
où ils s'alimentent permet aussi de réduire le risque
de dengue. Il s'agit notamment des mesures suivantes:
- demeurer dans des pièces complètement fermées
et climatisées ou dont les ouvertures sont bien protégées
par des moustiquaires.
- porter des pantalons et un haut à manches longues de couleur
pâle.
- appliquer un insectifuge sur les parties découvertes.
Toute personne
soupçonnée d'être infectée par la dengue,
en particulier lorsqu'il peut s'agir d'une forme hémorragique,
doit immédiatement consulter un médecin et doit s'abstenir
de prendre de l'aspirine sous toutes ses formes (ou autres salicylés)
à cause du risque important d'hémorragie ou de saignement
gastrique (gastrite érosive ou ulcère). La fièvre
élevée d'un épisode de dengue sera gérée
par l'utilisation de paracétamol et des moyens de thermolyse
habituels (déshabillage, douche tiède, ventilation
corporelle...).
Ce qu'il faut faire en cas de piqûre :
- Appliquer un antiseptique et une crème antiprurigineuse
(Caladryl, Calmastick).
- Donner un antalgique (paracétamol).
- - - Consulter un médecin
rapidement si les symptômes suivants apparaissent : forte
fièvre, maux de tête violents, perte d'appétit,
éruption cutanée, vomissements ou diarrhées
dans les 8 jours suivant la piqûre.
Les
scorpions
Il existe environ
1000 espèces de scorpions, mais seule une famille est dangereuse
: celle des Buthidés, à laquelle appartiennent les
Centroides présents au Mexique. Tous les scorpions sont venimeux.
Le venin du scorpion a une action paralysante : il agit comme un
poison pour le nerf.
La gravité
de la piqûre dépend :
- de l'espèce en cause : Centroides Suffusus est le plus
dangereux au Mexique,
- de la taille du scorpion : si la taille est inférieure
à 2 cm, le venin est peu actif chez l'homme
- de la localisation de la piqûre : l'envenimation est plus
grave si le venin passe directement dans le sang par une artère
ou une veine
- de l'âge de la victime : la mortalité est particulièrement
importante chez les enfants de moins de 6 ans et les personnes de
plus de 70 ans
La piqûre
est douloureuse mais non mortelle à Mexico. L'évolution
se fait sur le mode du tout ou rien et généralement
la guérison est sans séquelle. Passées les
24 premières heures, le risque mortel n'existe plus. Les
signes qui apparaissent sont classés en 4 stades approximatifs
qui renseignent sur la conduite à tenir :
- grade 0 : piqûre blanche
- grade 1 : manifestations locales isolées et simples : douleur,
fourmillements, au point de piqûre
- grade 2 : manifestations cliniques générales ne
mettant pas en jeu le pronostic vital : hypertension, hyperthermie,
sueurs, frissons, troubles digestifs, manifestations neuromusculaires
- grade 3 : manifestations cliniques mettant en jeu le pronostic
vital : défaillance circulatoire (état de choc), respiratoire
(insuffisance respiratoire aiguë, dème pulmonaire)
et neurologique (convulsions, coma)
Le traitement
est en général symptomatique (immobilisation, antalgiques,
anti-démateux) pour les cas peu sévères
(grades 0 et 1) mais nécessite une hospitalisation en soins
intensifs pour les cas les plus graves (grades 2 et 3).
La meilleure
protection est de ne pas les déranger !
Ce qu'il
faut faire en cas de piqûre :
- Rester calme, immobiliser la région piquée et appliquer
de la glace pour lutter contre la douleur et le gonflement.
- Ne jamais aspirer le venin avec la bouche.
- Se rendre dans le centre hospitalier le plus proche afin d'administrer
un sérum si besoin.
Les
guêpes et les abeilles
Les piqûres
sont généralement plus douloureuses que dangereuses
sauf en cas de piqûre dans la gorge. Cependant, 2 types d'accidents
peuvent survenir :
- le choc
allergique immédiat ou choc anaphylactique : il est indépendant
de la dose de venin injectée donc du nombre de piqûres
reçues. La douleur est aiguë et les symptômes
d'allergie apparaissent immédiatement : dème
du visage, des lèvres et de la zone piquée, cur
rapide, agitation ou prostration.
- le choc
toxique : il intervient en cas de piqûres multiples (supérieur
à 50). La douleur est prolongée et les symptômes
apparaissent tardivement : troubles digestifs, myalgies, crises
convulsives, hyperthermie, hypertension artérielle, insuffisance
rénale aiguë.
Ce qu'il
faut faire en cas de piqûre :
- Appliquer de la glace pour lutter contre la douleur et l'dème
ou une lotion apaisante (Caladryl, Calmastick).
- Donner un antalgique (paracétamol).
- Consulter un médecin rapidement en cas de piqûre
à la gorge, de piqûres multiples ou si les symptômes
d'allergie suivants apparaissent : dème du visage,
agitation.
Delphine
Cullerier, Pharmacien
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