Le
musée Franz Mayer,
ancien hôpital San Juan de Dios
Derrière l'Alameda et Bellas Artes, sur l'Avenue Hidalgo,
on accède à la très jolie place de "Santa
Veracruz", deux mètres en contre-bas par rapport à
la rue, où vous trouverez deux ravissantes églises
baroques face à face et le fameux musée Franz Mayer.
Ce musée abrite aujourd'hui une magnifique collection
d'art européen, asiatique et mexicain, de l'époque
coloniale jusqu'au XX siècle, réunie par Franz
Mayer (1882-1975) d'origine allemande, nationalisé mexicain,
qui fit don de toutes ses collections à la ville après
sa mort.
Le bâtiment lui même est un des plus intéressants
de la ville : c'était un hôpital de la Nouvelle
Espagne créé par les "Juaninos" (Ordre
de Saint Jean) avec son église attenante. A l'intérieur
du monument règne une atmosphère coloniale au charme
tout provincial et paisible.
Imaginons
en ce XVIII siècle le quartier : Hôpitaux et Couvents
se côtoient. Les hôpitaux sont exclusivement tenus
par des religieux, par concession du Roi d'Espagne, qui ont pour
mission de soigner les corps mais aussi (et surtout) l'Esprit.
Car les malades doivent sortir convertis et meilleurs chrétiens.
A la différence d'aujourd'hui, chaque hôpital a sa
spécialité: Le malade ne va pas chez un docteur
préalablement pour un diagnostic, il va d'hôpital
en hôpital jusqu'à tomber sur celui qui soignera
son mal. L'hôpital est gratuit car il subsiste grâce
aux dons de personnages riches et puissants, ainsi que d'aumônes
que prélèvent les religieux dans la ville. Ici 50
moines et 7 prêtres sont là pour assister les malades.
Ni les fous, ni les lépreux ni les syphilitiques sont acceptés
. Pour éviter que les cafards et les punaises prolifèrent,
les murs sont tapissés d'azulejos que l'on peut encore
admirer aujourd'hui. En bas on soignait les femmes, en haut les
hommes. Une salle était réservée aux prêtres.
En
1820 les ordres hospitaliers sont supprimés par la Constitution
de Cádiz.
Sous l'Empereur Maximilien, l'hôpital se spécialise
encore et se réduit à soigner des prostituées.
Il tombe en ruines après la Révolution Mexicaine
pour être enfin totalement réhabilité en musée
en 1975.
Prenez
le temps de vous asseoir à une des tables du café
autour du patio pour goûter au charme de l'endroit, avec
sa fontaine centrale, ses bouquets d'azalées et ses magnifiques
azulejos. Et si vous avez encore un peu de temps,allez un peu
plus loin , sur la même avenue Hidalgo retrouver l'Hôtel
Cortez (ancien hospice) lui aussi très colonial où
des acteurs comme Gérard Philippe ou Madeleine Renaud en
tournée à Bellas Artes retrouvaient leurs habitudes.
Quelle
délicieuse ballade dans le México Colonial !
B.Martel