Dale,
dale, dale, no pierdas el tino ;
porque si lo pierdes, pierdes el camino

Même
si vous venez d’arriver au Mexique tout le monde vous
aura sans aucun doute déjà dit qu’au mois
de décembre ici on fait la fête. En effet, on
se vante d’avoir le plus long pont du monde celui de
«Guadalupe à Reyes». Mais
qu’est-ce qui chaque fin d’année fait la
particularité des festivités mexicaines ?
Dès
le 1er décembre la préparation
pour la grande festivité du 12 décembre
commence avec 12 homélies à la Basilique
qui traiteront toutes de la Vierge. Bien qu’il soit
assez difficile d’y aller le 11 au soir, il assez est
intéressant de regarder cette fête à la
télévision. Il y aura sur le parvis les danses
préhispaniques qui honorent bien sûr la Vierge
mais aussi Tonantzin. La foule des pèlerins
y fait souvent preuve d’une foi qui frise le fanatisme,
les chansons dédiés à la Vierge ressemblent
plus à des chansons d’amour qu’à
des cantiques et ces hymnes sont tous chantés par des
artistes connus en costume de gala mexicain. Tout ce préambule
finit à minuit pile avec les mañanitas. Car
il faut réveiller la Vierge amoureusement
pour qu’elle puisse profiter de toute sa journée.
Il est assez difficile pour un étranger de comprendre
la relation des mexicains avec leur Vierge car elle n’est
pas simplement un symbole religieux elle est aussi le symbole
du nationalisme et du patriotisme : elle est la plus belle
des mexicaines, la mère religieuse des mexicaines et
du Mexique, la reine des Amériques. Elle est le Mexique
!
Le
16 décembre marque le début
des pastorelas et des posadas.
Ces représentations théâtrales du voyage
de Joseph et de Marie pour le recensement date au Mexique
de 1527 quand la première pastorela, selon
quelques historiens, a été présenté
à Cuernavaca. Au Mexique, comme en Europe pendant le
Moyen Age les drames liturgiques, shepherds plays
ou pastorelas servaient à mieux illustrer
les passages bibliques pour les croyants. Dans les pastorelas
mexicaines il y a toujours les bergers Bartolo, Gila y Blas
qui sont guidés par l’ermite vers Bethlehem.
Bien sûr que le Diable fait tout pour leur compliquer
le voyage. En France à partir du moment où les
écrivains laïques ont commencé à
écrire les textes, la religiosité s’est
sérieusement perdue. Le langage vulgaire, la familiarité
des textes et le caractère trop profane ont fait qu’en
1548 l’Eglise a interdit que les drames soient représentés
à l’intérieur des églises à
Paris et à partir de 1677 l’interdiction est
valable pour toute la France. C’est à partir
de ce moment là que ces mystères rejoignent
les parvis des églises. Au Mexique les pastorelas
ont toujours été représentées
à l’extérieur dans la « Capilla
de los Indios » car pendant des années
les indiens n’étaient pas admis à l’intérieur
des églises. Nous vous conseillons d’en voir
plusieurs car bien que le thème soit le même,
la façon de le traiter est toujours différente.
A voir : les pastorelas del Convento del Carmen à
Coyoacan ou à Tepozotlán (magnifique, mais
il fait très froid).
Les
posadas, une série de 9
processions, semblerait être une tradition nettement
mexicaine inventée par les premiers missionnaires pour
consoler les Aztèques. Il y en a neuf, car il y a 9
mois de grossesses et pour que les festivités coïncident
avec les fêtes du Dieu Soleil. Il y a deux groupes,
ceux qui sont à l’extérieur représentent
le Saint Couple et les tenanciers de l’auberge sont
à l’intérieur. La piñata traditionnelle
avec ses 7 branches représente les sept pèches
capitaux et le fait de la casser représente le triomphe
de la foi et de la vertu sur le péché.
Selon
la tradition à partir du 14 décembre
on met le Nacimiento mais sans l’Enfant car
Il ne doit faire son apparition qu’à partir de
la Noche Buena. L’Enfant est vénéré
jusqu’au 2 février le jour de
la Virgen de la Candelaria quand
Il sera présenté au Temple. D’ailleurs
pour sa présentation l’Enfant reçoit des
vêtements neufs qu’il gardera toute l’année.
Vous avez sans doute vu des annonces qui disent « Se
visten Niños Dios ».
Le 28 décembre c’est le jour
de Saints Innocents « Inocente
palomita que te dejaste engañar, sabiendo que en este
día nada se debe prestar ». C’est
le jour des blagues (le 1 avril français). D’ailleurs
les journaux auront tous une page des nouvelles très
convaincantes.
N’oubliez
pas d’aller à la Alameda pour
envoyer vos vœux de cadeaux à Santa Claus, Niño
Dios ou aux Rois. C’est très joli de voir tous
les ballons avec les vœux des enfants s’envoler
dans le ciel. Surtout achetez la bière Noche Buena
qui ne se trouve qu’à cette époque.
Faites
un bon dîner la Noche Buena, passez une très
belle journée de Navidad,
et
Feliz Año Nuevo !